Stage de Contact Impro et pratiques somatiques du samedi 18 juillet au mercredi 22 juillet
avec Matthieu Gaudeau sur 3 jours et demi (méthode Alexander), Estela Lampegnat et Élie Daussy sur 1 jours et demi (BMC Body Mind Centering)
Avec le musicien de Lionel Banevicz, qui nous accompagne samedi soir et dimanche
Salle la Capèro -plancher chêne de 120 m2 et plancher sous les étoiles 
553 avenue des Pyrénées 32800 Eauze Gers
 
Inscription sur Hello Asso 
https://www.helloasso.com/associations/le-ver-luisant/evenements/stage-de-contact-impro-avec-mathieu-gaudeau

 

[in-time-ex-time]

"Le cadre est l'instance qui permet de répondre à la question : que se passe-t-il ?" — Erving Goffman

En Contact Improvisation, la chute n'est pas une chute.

Elle est l'excès même du geste de perdre — je perds au carré. Non pas accident subi, mais ouverture sensible à la perte de contrôle, exploration consentie de l'indécision. Le cadre transforme la nature même de ce qui se passe : ce n'est pas que je tombe, c'est que nous jouons à tomber.

Massumi l'écrit à propos du jeu animal : « L'excès stylistique du jeu correspond non seulement à ce petit extra qui embellit un geste, mais à une puissance de variation. La forme du geste se déforme plus ou moins subtilement sous la pression de l'enthousiasme du corps qui le propulse. » On joue à chuter, on joue à prendre des risques. C'est un véritable laboratoire pourvoyeur de formes d'action vitales. Plus-value de vie signifie plus-value d'inventivité.

Mais cet excès n'est possible que parce qu'un cadre existe. Comme l'écrit Giribone : « Le cadre détermine en grande partie la façon dont je vis tel moment, ce que j'éprouve dans telle situation. Il décide donc, en partie, de ce que je ressens ; mais, plus profondément encore, il détermine ce que j'accepte d'accueillir en moi, ce à quoi je donne une manière d'officialité intérieure, un droit de cité dans la citadelle de ma psyché. »

Sans cadre, l'indécision serait chaos ou angoisse. Avec le cadre, elle devient exploration. Le cadre autorise l'excès — il rend possible cette chose contre-nature qu'est de consentir à perdre le contrôle de la perte elle-même.

Godard parle de cette motricité qui « soutient » la sensorialité et qui trace « les contours d'un territoire imaginaire mouvant et en devenir ». L'engagement avec le partenaire devient alors : comment donner un surplus, un excès à ce jeu ? Jusqu'où j'agrandis ou diminue le cadre expressif ? Jusqu'où je m'engage dans la prise de risque ?

 

C'est ici que le contact prend tout son sens, pas uniquement comme toucher sensoriel, mais aussi dans une fonction de survie. Le contact est non seulement ce qui rend viable l'engagement dans le risque, ce qui permet le territoire partagé quand on explore ses imites. Sans contact, pas de survie dans l'excès qu'on s'autorise.

 

Reste une question empruntée aux arts martiaux : jusqu'où j'agrandis ou diminue la variabilité de ce qui rend mon geste lisible pour l'autre ? Trop de variation et le geste devient illisible — l'autre ne peut plus répondre, le danger surgit. Pas assez et le geste devient prévisible — le jeu s'éteint. C'est cette « marge de manœuvre » dont parle Massumi, « l'écart entre le geste ludique et son analogue qui ouvre la porte à l'improvisation ».

Voilà ce que nous aimerions partager et approfondir durant cette semaine : explorer le cadre non comme contrainte mais comme condition de possibilité de lisibilité, donc d'excès et de variation.

Jouer, transformer le cadre par l’imaginaire, devenir l’objet du cadre, être le cadre objet. Rentrer dans un paysage, une structure où le jeu collectif anime nos mouvements improvisés et s’organisent dans un système d’écoute.

Rencontrer et s'inspirer aussi de nos squelettes contenant nos organes, nos cellules, nos membranes - nos structures vivantes.

 

Ce stage se construit, s'invente a trois voix. Les pratiques somatiques- Technique Alexander et le Body Mind Centering- viendront nourrir les explorations au service de la danse et du Contact Improvisation.

Eli.e Daussy, Estela Lempegnat et Matthieu Gaudeau

Infos pratiques :

pour l'hébergement : 

gîte l'estanquet: 10€ en tente ou camion, 13 en dortoir et 15 en chambre couple et 20 en 
chambre 1 personne, C'est écolo, toilettes sèches, jardin sauvage ! A 200 mètre à pied, à travers champ, de la salle de danse.

Résa Jean Pierre 06 35 19 25 83

En face de la salle il y a un  autre gîte , la pause d'éauze plus classique à 20€ la nuit en dortoir contact 0761487097

Et chez Jésus , adhérent du Ver Luisant , à 800 mètre de la salle
3 chambres de deux lits à 22.50€ par personne contact 06 35 51 70 94

pour les repas :

repas en auto gestion, la cuisine est disponible au gîte l'Estanquet;

la salle de danse se situe au dessus d'un magasin bio et il y a aussi un Lidl à proximité.